
Depuis un peu avant la naissance d'Émilie, Julie ne mangeait plus très bien : on lui demandait de manger de manière autonome, mais ça n'allait pas. Dès qu'elle ne mangeait pas quelque chose qu'elle aime particulièrement, elle papillonait.
Au fur et à mesure des semaines, ça a empiré à prendre un temps assez dingue, où on la voyait mâcher très, très longtemps chaque bouchée... On a fini par se fâcher quand c'était vraiment trop long, ce qui n'était agréable pour personne, et sans que ça change grand chose sur le long terme.
Et puis je me suis dit que je lui en demandais sûrement un peu trop : ce n'est pas forcément parce que physiquement elle sait manger toute seule, qu'elle a la maturité pour avoir la patience de manger un repas "presque comme un adulte" - d'ailleurs on voit bien dans les repas de famille que les enfants ne tiennent souvent pas à table très longtemps.
Anne pense en outre qu'avant la naissance, elle avait moins de temps à consacrer à Julie et qu'elle a pu aussi faire exprès de prendre son temps à table pour profiter d'être à table avec elle plus longtemps. On a pensé aussi qu'elle pouvait se rappeler d'un épisode douloureux où elle avait eu un morceau de pain coincé dans la gorge - donc mâcher très longtemps pour éviter que pareille mésaventure ne se reproduise.
Bref, on en était rendu à un stade où à part les yaourts et le biberon, elle ne mangeait vraiment que quelques bouchées par repas ! On lui a expliqué qu'on avait été trop strict, et qu'à partir de maintenant on ne lui demanderait plus sans cesse si elle avait avalé sa bouchée. Après tout, moins manger n'est pas très grave, et on pouvait compenser avec un peu plus de biberon et de yaourts.
Au moment où je poste cela, on peut dire qu'elle vient juste de revenir à un stade d'alimentation normal. Ça a pris environ un mois depuis le changement de discours, mais c'est finalement éclusé. Enfin, presque, parce que les trucs difficiles à mâcher (spongieux, filandreux, etc) c'est encore à éviter.
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